La Coupe du monde ne capotera pas !

Publié le par Pierrick Lieben

On ne le dira jamais assez : en Afrique du Sud, il faut être prudent. Pas seulement dans la rue, pour éviter les mauvaises rencontres, ni sur la route, pour s'épargner un accident, mais tout simplement au lit.

 

L'Afrique du Sud est le pays au monde le plus touché par le Sida et l'ambiance festive d'une Coupe du monde ne doit pas faire oublier aux visiteurs qu'ici, plus qu'ailleurs, il faut sortir couverts : déjà, les nuits d'hiver sont fraîches, et si elles Le Sida, catastrophe sanitaire sud-africaine - Quantumed.co.zadeviennent torrides, mieux vaut prendre ses précautions.

 

Heureusement, le gouvernement sud-africain a pris les choses en mains : il compte distribuer un milliard de préservatifs pendant la compétition. Un pari, expliqué dans ce reportage, diffusé dans le journal de 8h, sur RTL, le lundi 24 mai.

 

 

 

Un fléau national

 

L'Afrique du Sud est souvent présentée comme l'épicentre du Sida dans le monde. Et pour cause : 5,7 millions de personnes sont séropositives dans le pays, soit près d'un habitant sur dix.

 

Si on entre dans le détail, le taux de prévalence atteint des sommets chez les femmes trentenaires - plus de 40% sont contaminées, et chez les Noirs - leur taux d'infection est 6 à 7 fois supérieurs à celui des autres catégories de la population. Au total, 600 à 1.000 personnes décéderaient chaque jour du Sida en Afrique du Sud.

 

Pourquoi ce pays est-il plus touché que les autres ? Parce que le contexte politique, les croyances populaires et l'inconscience politicienne ont servi de terreau à la propagation rapide du VIH.

 

Le Sida est apparu en même temps que la démocratie en Afrique du Sud. Dans un climat euphorique, la mauvaise nouvelle d'une épidémie mortelle n'était pas audible. Elle a également été sous-estimée, face aux priorités économiques et sociales imposées par la libération.

 

La diffusion de la maladie a aussi été favorisée par certaines traditions sud-africaines, parmi lesquelles la polygamie et le tabou du préservatif.


L'ancien Président Thabo Mbeki, l'homme à cause de qui le Sida s'est propagé...

Mais l'histoire du VIH en Afrique du Sud est d'abord celle d'un scandale politique. Si Nelson Mandela a reconnu, tardivement, ne pas avoir fait assez pour ralentir l'expansion de l'épidémie, son successeur, Thabo Mbeki, l'a tout simplement encouragée, par une série de prises de position internationalement condamnées. Sa posture de déni et ses doutes publics sur le lien entre séropositivité et Sida ont fait prendre un retard considérable à son pays dans la lutte contre le virus.

 

Depuis l'an dernier, son rival politique et actuel Président de la République, Jacob Zuma, a mis fin à ces errements et lancé une bataille inconditionnelle contre ce fléau national.

 

 

Un programme ambitieux

 

Le Président Jacob Zuma ne montre pas l'exemple, mais il s'engage... - SABCNews.co.zaJacob Zuma est pourtant loin d'être un exemple en la matière... Marié à trois femmes, fiancé à une quatrième et père d'un nouveau-né hors mariage, le chef de l'Etat est en totale contradiction avec la politique officielle du pays, dite ABC : Abstinence, Be faithful, Condomize (s'abstenir, être fidèle et mettre le préservatif).

 

C'est pourtant grâce à lui que le pays est désormais engagé dans un difficile combat contre le Sida.

 

Depuis quelques semaines, le gouvernement a donné le coup d'envoi à une vaste campagne de traitement et de tests. Son objectif : distribuer des antirétroviraux, qui ralentissent la maladie, à 80% de ceux qui en ont besoin. L'Afrique du Sud est déjà l'un des pays où l'on en distribue le plus : 701.000 personnes y ont désormais accès.

 

Second volet de la nouvelle politique nationale contre le VIH : tester 15 millions d'individus, pour savoir s'ils sont séropositifs ou non. Les habitants ne connaissent pas toujours leur statut, ce qui favorise la propagation du virus. Bien sûr, cette campagne de test risque de faire dramatiquement grimper les statistiques du Sida dans le pays. Mais c'est Des préservatifs par milliards en Afrique du Sud... - Quantumed.co.zaun mal pour un bien, puisqu'elle permettra surtout de venir en aide, relativement tôt, aux personnes infectées.

 

Enfin, chaque Sud-Africain qui sort du centre d'analyse repart avec 100 préservatifs. Petit exercice de mathématique : 100 multiplié par 15 millions de tests = 1,5 milliard.

 

C'est bien cela : en plus du milliard pour la Coupe du monde, le pays a besoin d'un autre milliard et demi de capotes... soit 2,5 milliards au total pour l'année à venir. Il y en a actuellement 110 millions en stock.

 

Le gouvernement voit grand, mais c'est le prix à payer pour freiner la catastrophe sanitaire en cours. Pourtant, même avec la meilleure volonté du monde, l'Afrique du Sud manque de moyens et d'hommes pour enrayer une épidémie qui consume à petit feu sa population.

 


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FCR FrenchBlog Feb2010

Publié dans Corner

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Lieben 29/05/2010 23:34


ESPERONS QUE CETTE COUPE DU MONDE FERA PRENDRE CONSCIENCE AU PLUS GRAND NOMBRE, QUE NOS SOUCIS QUOTIDIENS, MEME SI QUELQUE FOIS TOUT N'EST PAS ROSE,SONT LOIN DU QUOTIDIEN DE CES POPULATIONS.POUR
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