Bilan du Mondial - Et les townships dans tout ça ?

Publié le par Pierrick Lieben

La Coupe du monde est terminée, l'Afrique du Sud fait le bilan... FrenchBafana.com aussi ! Suite de cette série de clôture avec un détour dans les townships sud-africains, une fois de plus laissés pour compte.

 

Des milliards dépensés, des millions de retombées et toujours des townships sans eau ni électricité.

 

Bilan ambivalent, mais tellement prévisible... Car la Coupe du monde a, certes, été à la hauteur des exigences de la FIFA, mais les bénéfices de l'événement pour l'ensemble de la population restent, eux, à prouver.

 

Que peut-on bien retirer d'une Coupe du monde, quand on vit sans eau ni électricité ? - Pierrick Lieben 2010

Que peut-on bien retirer d'une Coupe du monde,

quand on vit sans eau ni électricité ? - Pierrick Lieben 2010

 

J'ai fait le point pour RTL sur ce qu'aura changé, ou pas, ce Mondial pour les bidonvilles du pays, et ses habitants les plus pauvres, dans ce reportage, diffusé le matin du 12 juillet :

 

 

 

Au-delà de Soweto

 

En Afrique du Sud, quand on parle des townships, il y a Soweto, et les autres.

 

Soweto ressemble parfois à un quartier touristique ordinaire - Pierrick Lieben 2010Soweto demeure le plus célèbre du pays, en raison de son rôle historique dans l'histoire de la lutte anti-apartheid. A ce titre, il jouit de ce que l'on pourrait appeler un traitement "de faveur". Et pour cause : s'il y a bien un endroit où touristes et journalistes iront s'aventurer pour visiter un township, c'est ici. Rues rénovées, nouveaux services de bus, Fan Park et Soccer City... la Coupe du monde n'a pas dérogé à la règle, en prenant soin de la cité-dortoir.

 

Mais Soweto la symbolique est une exception. Partout à travers le pays, les townships sont restés à l'écart de la fête. Pour s'en rendre compte, inutile d'aller très loin. A seulement une quinzaine de kilomètres de Pretoria, l'agglomération d'Atteridgeville a semblé à des Les années-lumière de la Coupe du monde : le stade de la compétition et les lieux de diffusion publique des matches étaient situés de l'autre côté de la capitale. Inaccessibles donc à une population démunie et issue de quartiers dépourvus de tout transport public.

 

 

Un goût de Mondial

 

Pour combler ce vide, des initiatives privées ont fleuri çà et là et ont offert aux habitants l'illusion de la compétition. C'est le cas de la Peace Cup, une Coupe de la Paix créée, dans le township d'Atteridgeville, par deux associations catholiques, Caritas et Damietta Peace Initiative.

 

La pelouse n'est pas réglementaire, mais l'intensité est bel et bien là - Pierrick Lieben 2010

La pelouse de la Peace Cup n'est pas très réglementaire,

mais l'intensité est là - Pierrick Lieben 2010

 

J'ai assisté pour RTL à la finale de ce "Mondial du pauvre", ce qui m'a permis de mesurer à quel point la vraie Coupe du monde pouvait être si loin de ces Sud-Africains, en étant pourtant si proche de chez eux.

 

 

L'idée de cette Peace Cup était simple : si les habitants ne peuvent aller au football, c'est au football d'aller aux habitants.

 

Les vainqueurs ont même eu le droit à leur trophée - Pierrick Lieben 2010
Les vainqueurs ont même eu le droit à leur trophée - Pierrick Lieben 2010

 

Pendant cinq samedis consécutifs, plusieurs équipes, plus ou moins internationales, se sont donc affrontées sur le terrain poussiéreux du quartier de Brazzaville. Le nom fait référence à la communauté congolaise, fortement implantée dans cette zone, l'une des plus pauvres du bidonville.

 

Mordre la poussière n'est pas qu'une image sur ce genre de terrain... - Pierrick Lieben 2010Mordre la poussière n'est pas qu'une image sur ce type de terrain...

Pierrick Lieben 2010 

 

Les organisateurs ont autant voulu donner aux habitants une impression de Coupe du monde que favoriser l'échange entre les Sud-Africains et les étrangers du quartier. Et rien de tel que le foot pour cela : tous les week-ends, des équipes du township se défient, la journée durant, et les paris sur le nom du vainqueur sont un moyen facile de gagner un peu d'argent !

 

Dans ces quartiers, le football est souvent la seule activité disponible - Pierrick Lieben 2010

Dans ces quartiers, le football est souvent la seule activité disponible

Pierrick Lieben 2010

 

La Peace Cup, opération modeste par vocation, a remporté un joli succès, au vu du public présent et de la joie des vainqueurs. Le dénouement du tournoi aux penalties n'a fait qu'ajouter une touche dramatique au match... comme pour une véritable finale !

 

Pierrick Lieben, avec Leclerc Varennes-sur-Seine

 

 

Et maintenant ?

 

A défaut d'avoir pris part à la Coupe du monde, les townships espèrent à présent (un peu) voir la couleur des rands amassés par l'Etat à cette occasion.

 

La génération du Mondial profitera-t-elle de ses retombées ? - Pierrick Lieben 2010

Le Président de la République Jacob Zuma s'est déjà empressé d'assurer que le gouvernement n'avait fait aucun compromis : accueillir l'un des événements les plus importants au monde n'a pas hypothéqué les chances de développement du pays, a-t-il assuré, au lendemain du sacre de l'Espagne. L'avenir le dira.

 


Faîtes votre propre bilan du Mondial 2010, sur FrenchBafana.com !

FCR FrenchBlog Feb2010

Publié dans Corner

Commenter cet article

chris 19/07/2010 16:51


bel initiative
dommage que rien d'autre n'a été fait pour qu'ils puissent eux aussi voir un peu de la coupe du monde au lieu de les cantonner a l'écart des regards et des festivités comme des lépreux


Lieben 17/07/2010 22:47


S'IL SUFFISAIT D'ORGANISER LA COUPE DU MONDE DE FOOT POUR QUE LA MISERE DISPARAISSE DU PAYS ORGANISATEUR ALORS UNE COUPE TOUS LES 4 ANS CA N'EST PAS SUFFISANT.JE PENSE QU'IL FAUT ETRE REALISTE LE
PETIT PLUS QUE CETTE MANIFESTATION A APPORTER A LE MERITE D'EXISTER MAINTENANT SOUHAITONS QUE LA MACHINE ECONOMIQUE SOIT AMORCEE ET QU'AUCUN GRAIN DE SABLE NE VIENNE LA BLOQUER BONNE SOIREE